De quoi méditer pour se faire éditer
Le 30 septembre 2009 à 17h05 par Jérôme Onof, Pick Up 101Li185
Mémoires, nouvelles, romans, essais… Que vous ayez l’intention de vous y mettre, ou que votre tiroir en soit déjà plein, faire connaître votre production littéraire – ou votre talent d’écrivain – passe obligatoirement par la case « édition ».
Sommaire (hide)
- 1. Préambule
- 2. Principe préliminaire : humilité avant tout
- 3. Autre principe préliminaire : tester
- 4. Principe numéro 1 : le miracle est rare, mais il faut y croire
- 5. Principe numéro 2 : savoir se comporter avec les éditeurs « internet ».
- 6. Principe numéro 3 : ne pas lésiner sur le comité de lecture et les retours sur correction
- 7. Principe numéro 4 : ne pas contribuer au remplissage du grenier
- 8. Principe numéro 5 : puisque vous avez fait quasiment tout le boulot, pourquoi n’allez-vous pas plus loin ?
- 9. Ce qui ne vous empêche pas de continuer à arroser les maisons d’édition...
- 10. Diverses infos pratiques
- 10.1 Autoédition : comment calculer le prix du livre
- 10.2 Autoédition : bilan financier
- 10.3 Comment obtenir votre ISBN :
- 10.4 Comment l’intégrer à votre couverture :
- 10.5 Référencement à la BNF
- 10.6 Comment bien choisir les maisons d’édition ?
- 10.7 Au sujet des envois postaux
- 10.8 Protéger vos écrits et récupérer vos manuscrits
1. Préambule
Quand l’écriture est passion, elle est à l’image de toute forme d’expression artistique : on lui consacre une énergie farouche sans notion de temps, d’effort, ni de souffrance (la plupart du temps). Non sans y penser, bien entendu, mais sans que cela ne coûte. Ceux qui se sentent concernés acquiesceront.
Cependant, comme dans toute activité créatrice, le dépit n’est jamais très loin dès qu’on envisage de faire se reconnaître publiquement, et avec lui, la désillusion et la fatigue. Sur ce terrain, c’est un minimum de parler de courage et de persévérance. C’est LE sujet qui sape le moral de celui qui écrit, comme de celui qui peint, qui cuisine, qui compose ou qui chante. Se faire reconnaître, c’est LA gageure.
Et pour se faire reconnaître, au chapitre de l’écriture, il faut commencer par aborder le délicat sujet de l’édition.
L’analogie avec l’enfantement sera sans doute hardie, mais lorsqu’on accouche de son premier ouvrage, on le trouve tellement merveilleux, abouti, irréprochable, qu’on en perd le sens des réalités, ce fameux instinct du raisonnable qu’il est capital de retrouver rapidement (ou de ne pas perdre) pour éviter de pommer de surcroit, son courage, son envie d’écrire, et aussi son argent.
Quelles sont ces fameuses réalités ?
Difficile de les classer par importance, d’autant qu’elles ne seront pas pondérées de la même façon par chacun.
Sur la base de ma petite expérience, j’essaie ci-dessous d’en faire le tour en les associant à quelques principes d’ordre pratique.
2. Principe préliminaire : humilité avant tout
La réalité est cruelle. De part le monde, des millions de gens peignent, dessinent, composent, cuisinent et écrivent. Et manque de bol, parmi ces millions, un bon paquet s’exprime, par le fait, merveilleusement bien.
Pour ne parler que de l’écriture, il suffit cependant d’entrer dans une librairie et de se pencher sur les bestsellers du moment pour constater que le bon goût n’est pas universel, et qu’on trouve parfois n’importe quoi. En fait, pas vraiment n’importe quoi, mais des articles censés pouvoir se vendre (voir plus loin).
La réalité, bien que cruelle, nous apporte donc une lueur d’espoir : qu’importe ce que nous écrivons, il y a peut-être pour nous une petite place dans un rayon. Mais avant tout, gardons les pieds sur terre, car ce n’est pas gagné pour autant.
3. Autre principe préliminaire : tester
De même qu’il est plus facile de confier ses problèmes personnels à un inconnu – dont le « métier » est de comprendre l’humain – qu’à son meilleur pote qui nous connaît pourtant si bien, faire lire sa production littéraire à ses proches n’est pas la démarche la plus facile à envisager. Elle est pourtant celle que vous devez privilégier avant toute autre. Elle permet de se faire une idée. Une idée sur quoi ? Sur la qualité de ce que vous produisez. Vous vous trouvez drôle, poétique, imaginatif, original… Mais les autres ? Votre compagne, vos copains, vos tontons, frères, sœurs et parrains ? Votre environnement proche est un bon terrain d’étude, n’hésitez donc pas à en user.
4. Principe numéro 1 : le miracle est rare, mais il faut y croire
Vous êtes convaincu que votre bébé ne souffre aucune critique. Qu’importe que vous soyez dans le vrai ou le faux, sachez que ça rentrera peu ou prou dans le traitement qu’une maison d’édition fera de votre manuscrit.
Oui, ces fameuses maisons d’édition que vous vous serez décidé à solliciter ! Fort d’en avoir trouvé une liste intéressante sur internet ou dans un ouvrage spécialisé (il en existe un certain nombre), vous avez préparé vos envois. Vous avez d’abord pensé vous limiter à deux. Deux, c’était déjà courir le risque de recevoir deux réponses positives et de vous retrouver dans une situation de choix difficile à trancher. Vous avez finalement fait le pari de la concurrence en procédant à cinq envois. Trois réponses (minimum) vous permettraient de choisir la meilleure proposition de contrat...
Sauf à avoir le bonheur de connaître personnellement le directeur d’une ligne éditoriale, ne chipotez pas sur les moyens : envoyez votre manuscrit à dix, voire quinze maisons, et surtout n’attendez pas de retour de leur part avant de passer au travail d’écriture suivant. Attendre une réponse positive pour reprendre le travail est la meilleure solution pour ne jamais reprendre… Écrire est votre passion ? Alors écrivez avant tout.
Soyez convaincu qu’on vous répondra. Cependant, ce ne sera pas avant deux à six mois, et la majorité des réponses sera décevante : ce seront des courriers types, souvent non signés, dans lesquels on vous remerciera de votre confiance tout en vous annonçant, sous forme de fin de non recevoir, que « la ligne éditoriale est déjà fixée pour les dix ans à venir », ou que « vos qualités littéraires n’entrent pas dans la ligne des collections. » Aucun avis sur votre texte, aucune critique, aucune suggestion d’orientation. Sauf très rare exception.
Dans ces mêmes courriers, on vous précisera qu’il vous est possible de récupérer votre manuscrit contre 4 ou 5 euros en timbres, mais attention ! demande à faire par courrier avant deux mois, sous peine de destruction. Sauf à avoir besoin de vos manuscrits pour d’autres démarches, ne vous donnez pas la peine de les récupérer. Vous avez déjà fait une dépense en les envoyant, ne la doublez pas en les récupérant. Chez vous, une fois revenus, ils risquent de prendre le chemin d’un carton dans un grenier ou carrément de la poubelle ; chez l’éditeur, il en sera de même. Vous craignez toutefois l’usurpation de texte, le plagiat ? La récupération n’élimine pas le risque (s’il existe). La meilleure démarche est de protéger vos écrits avant envoi (voir plus loin).
Tout peut arriver, bien entendu, en termes de réussite spontanée, mais il faut garder à l’esprit qu’une maison d’édition est une machine commerciale. Éditer (pour un éditeur) c’est corriger, mettre en page, fabriquer, promouvoir et distribuer. C’est un investissement. Un écrivain inconnu, si bon soit-il, représente donc une prise de risque : celui de se retrouver avec un stock de bouquins sur les bras. Rares – pour ne pas dire inexistants – sont les éditeurs qui se lancent des défis en décidant d’investir sur un auteur inconnu, et donc sans garantie de retour. En termes de rendement commercial, le texte médiocre d’un personnage célèbre offre de meilleures garanties que les écrits géniaux d’un parfait inconnu. (cf. § 2.Principe préliminaire : humilité avant tout)
Alors il faut insister, persévérer, continuer à envoyer votre production. D’expérience, un éditeur que vous solliciterez au gré de vos nouveaux manuscrits finira par vous connaître et vous répondre de façon personnalisée. C’est déjà ça.
5. Principe numéro 2 : savoir se comporter avec les éditeurs « internet ».
L’édition via internet, c’est la solution alternative du XXIe siècle.
Il y avait un créneau, beaucoup s’y sont installés. Aujourd’hui, vous avez l’embarras du choix pour trouver un éditeur sur le web.
Autant il vous sera difficile de convaincre une maison d’édition traditionnelle de se pencher sur votre travail, autant toutes celles du web se jetteront sur vous en roulant des yeux intéressés. Et pour cause. À l’heure des rotatives numériques, quoi de plus simple que de faire entrer un texte et une couverture d’un côté de la machine, pour en récupérer des livres impeccablement torchés de l’autre, même qu’on croirait des vrais... Et surtout : une fabrication entièrement financée (avec peines et soins) par l’auteur lui-même.
Mais attention : pas de relecture, pas de correction (ou si peu), pas de critique, pas d’aide à l’écriture, éventuellement quelques propositions de couvertures si jamais vous n’étiez pas capable d’en faire vous-même le projet. Un comble, de nos jours, pour qui possède un micro et quelques logiciels orientés bureautique (OpenOffice, par exemple).
En résumé, pas vraiment de support à l’écrivain. Normal, c’est le principe de rentabilité de ces fameux « éditeurs » : tous les frais étant pris en charge par l’auteur, cette machine commerciale est sûre de bien tirer son épingle du jeu sans courir le moindre risque.
Ne leur jetons cependant pas complètement la pierre, les éditeurs sur internet ont leur utilité : qui n’a pas un jour rêvé de mettre noir sur blanc ses mémoires, ses souvenirs, son expérience, son journal intime, l’histoire de sa vie ? Si vous en êtes, les éditeurs internet sont faits pour vous : vous leur envoyez votre manuscrit ; vous le mettez en valeur grâce à une couverture un peu chiadée ; vous lui faites coller un ISBN pour faire sérieux ; vous en commander une vingtaine d’exemplaires histoire d’en faire cadeau aux enfants, aux parents, aux amis, et d’en garder cinq ou six exemplaires pour vous, sait-on jamais, vous avez peut-être oublié quelqu’un dans votre liste de distribution. Le tour est joué, il n’y aura pas de réédition, mais tout est parfait. Vous aurez déboursé pour votre propre satisfaction. Attention seulement aux tarifs prohibitifs pratiqués par certains.
Si vous êtes, par contre, de cette race d’écrivain occasionnel mais plutôt forcené, sachez alors vous comporter comme il se doit par rapport à ces maisons-là. Voir principe numéro 3.
6. Principe numéro 3 : ne pas lésiner sur le comité de lecture et les retours sur correction
Lorsque vous considérez votre manuscrit achevé, faites-le lire par autrui. Comme dit précédemment, ce n’est pas facile, mais le jeu en vaut la chandelle. Soyez simplement prêt à vous en prendre plein les dents là où vous ne vous y attendiez pas. Sur ce point, il faut tout de même savoir se rassurer en partant du principe qu’on ne peut plaire à tout le monde.
Choisissez un comité de lecture de quatre ou cinq personnes, parmi vos proches, votre famille ou vos amis, en essayant de respecter une diversité dans les profils.
Prenez-en un qui dévore du roman, un qui lit peu, un qui aime plutôt les récits d’aventure, un autre qui jubile plutôt en se plongeant dans de l’épopée historique, un qui est intraitable sur l’orthographe, la grammaire et la ponctuation... Bref, vous l’aurez compris, un échantillon de lectorat qui saura vous faire part de remarques très disparates mais ô combien complémentaires.
Idem pour la couverture. Faites plusieurs maquettes, faites appel à la critique et aux suggestions.
Lorsque tout ceci sera fait, alors vous serez prêt pour entrer dans le vif du sujet avec une maison d’édition sur le net ; prenant le temps de choisir, aucune ne vous refusera, vous pouvez en être sûr, pour autant que vous respectiez les principes fondamentaux déontologiques relatifs à la xénophobie, au racisme, etc.
7. Principe numéro 4 : ne pas contribuer au remplissage du grenier
Ou de la bonne estimation de la quantité de bouquins à fabriquer
Orgueil, quand tu nous tiens... Un chez d'œuvre comme celui que vous avez conçu, qui n’en voudrait pas ?
Je vous entends... Mon carnet d’adresses mail compte 800 contacts ; si j’ajoute Papy, la frangine et le copain Raoul, ça m’en fait 803. Postulons que 50% de mes contacts seront intéressés, ça en fait 400. J’en ajoute une centaine par sécurité, j’arrive à 500...
Laissons de côté le fantasme et revenons à des considérations réalistes. En bref, soyez prudent. Comptez, parmi vos relations, celles qui s’apparentent à Papy, à la frangine ou au copain Raoul, et sur qui vous pourrez normalement compter. Parmi les autres, considérez qu’un pourcentage de l’ordre de 10% de réactions intéressées sera déjà une belle réussite. Bien entendu, cette règle de calcul est à géométrie variable. Si vous donner dans la pornographie ou le fantastique psychédélique, partez sur 2%. Si vous écrivez sur votre région natale et que tous les habitants de votre village et des hameaux alentours s’y retrouvent, ne serait-ce que par la seule présence de leur prénom quelque part dans votre bouquin, vous en vendrez quelques centaines. Encore une fois, c’est une question de logique par rapport à ce que vous écrivez. Vous donnez dans le roman tout public ? Alors revenons-en à 10%. Avec une centaine d’exemplaires, vous en aurez donc certainement assez.
8. Principe numéro 5 : puisque vous avez fait quasiment tout le boulot, pourquoi n’allez-vous pas plus loin ?
Vous avez lu, relu, rerelu, fait lire, corrigé, revu, remanié, recorrigé, remis en page, composé une couverture... Pourquoi ne feriez-vous pas un PDF de tout ça (gratuitement avec OpenOffice…) et ne l’enverriez-vous pas chez un imprimeur ?
Ce sont des professionnels qui offrent une fabrication de qualité. Leurs prix sont compétitifs (et à y bien regarder, meilleur marché que chez la plupart des éditeurs internet). En outre, leur temps de réponse est rapide.
Vous devrez préparer le document source (votre texte) selon leurs indications : dimensions (en fonction de votre roman), et type de fichier (le format attendu est généralement le PDF). Ils se feront un plaisir de vous suggérer une dimension de marge, un type de police, etc.
Vous devrez finaliser votre couverture en y intégrant le prix (que vous devrez calibrer, voir « Autoédition : comment calculer le prix du livre »), et un ISBN (International Standard Book Number, que vous pourrez obtenir gratuitement, voir « Comment obtenir un ISBN »), au niveau de la quatrième (couverture arrière, voir « Comment intégrer les infos à votre couverture »).
L’envoi se fait par mail, soyons modernes. Quelques jours plus tard, vous recevrez un BAT (bon à tirer) en courrier suivi. Les corrections mineures pourront être assurées par le service pré-presse de l’imprimeur moyennant quelques euros de plus ; en cas de corrections majeures, vous devrez remanier votre fichier original et leur renvoyer un nouveau fichier source, ils vous enverront alors un nouveau BAT (moyennant encore quelques euros, mais toute peine mérite salaire), et c’est sur la base de votre accord, relativement au dernier BAT, que pourra être lancée la fabrication.
9. Ce qui ne vous empêche pas de continuer à arroser les maisons d’édition...
Voir « Autoédition : bilan financier » et « Comment bien choisir les maisons d’édition ? »
10. Diverses infos pratiques
10.1 Autoédition : comment calculer le prix du livre
Partons sur un ouvrage sans photo, format 10 x 15, 260 pages, papier bouffant 90 grammes (le rendu est un peu granuleux, papier d’apparence professionnelle), couverture couleur pelliculée (brillante), 2 BAT.
Prix de fabrication de 150 exemplaires (y compris livraison par porteur) = 900 € (pourra varier selon les imprimeurs), soit 6 € l’exemplaire.
Pour calculer le prix de votre livre, une bonne base est ce que vous trouvez en librairie concernant des ouvrages édités par des biais conventionnels.
Dans tous les cas, ne pas oublier que même si votre ouvrage représente une quantité de travail non négligeable, même s’il est légitime que vous cherchiez à gagner un peu d’argent grâce à lui, il n’en reste pas moins que le client, pour vous acheter, doit mettre la main à la poche : un prix trop élevé peut facilement tuer l’attrait pour un (bon) livre au profit de son voisin de rayonnage moins cher.
Comme vous serez certainement amené à en envoyer par la poste, gardez également à l’esprit que les frais d’expédition (pour un bouquin, le tarif lettre est autorisé) seront de l’ordre de 3 à 5 € (selon que vous enverrez dans un film à bulles et une enveloppe craft, ou dans un emballage cartonné prévu à cet effet, voir « Au sujet des envois postaux »). Un client concerné par les frais postaux restera sensible à un tarif dit « psychologique » inférieur à 20 €, port compris.
Par ailleurs, ne pas oublier qu’en cas de diffusion (par un diffuseur, donc), on vous prendra 50% de commission (contre 25 à 30% dans le cas d’un dépôt en librairie). Fixer un tarif qui vous permettra de ne pas y aller de votre poche.
Dans le respect de ces quelques règles, un tarif adéquat pour le livre en exemple semble être 14 ou 15 €. Allez, mettons 15.
10.2 Autoédition : bilan financier
Au tarif de 15 €, les frais postaux étant payés par l’acheteur le cas échéant, on arrive à un équilibre de dépense/recette au 60ème bouquin vendu (dans le cas de l’exemple ci-dessus). Il en faudra un peu plus pour atteindre l’équilibre si vous en avez vendu par le biais d’une librairie (25 à 30% de commission) ou par un diffuseur (50% de commission).
Dans ce calcul, on ne parle pas, bien entendu, de votre rétribution d’auteur, ni des kilomètres que vous parcourrez, ou encore des heures que vous consommerez pour participer à des salons (en tant qu’exposant), à des séances de dédicace, ou encore pour déposer vos ouvrages dans des librairies (les libraires sont généralement des gens accueillants qui acceptent volontiers de vous prendre en rayon). En bref, pour vous faire connaître, soyez prêt à faire quelques sacrifices et à donner de votre personne.
Globalement, donc, vous pouvez espérer, au-delà des 60 bouquins vendus en fonction du contenu de votre carnet d’adresses, qu’il vous en restera un certain nombre dont vous pourrez faire un usage en dehors de toute notion d’amortissement : vous pourrez en disposer comme bon vous semble, puisque vous en aurez remboursé la fabrication. Vous voulez toujours vous faire connaître, n’est-ce pas ? Eh ! bien n’hésitez plus. Vous avez un bel objet entre les mains, vous pouvez en faire des spécimens presse (cadeau aux journalistes qui voudront vous interviewer) mais également des envois aux maisons d’édition susdites, en leur précisant que vous avez opéré en autoédition.
10.3 Comment obtenir votre ISBN :
Il vous faut aller sur le site de l’AFNIL.
http://www.afnil.org/default.asp?Info=3, section « 2. Formulaire PARTICULIER de demande d’un ISBN »
Ce formulaire dûment rempli est à retourner par mail, fax ou courrier. On vous promet une réponse sous quatre semaines. Je l’ai fait par mail, ça a très bien fonctionné. N’hésitez cependant pas à relancer par mail (poliment), ça accélère en général le mouvement.
Vous recevrez une liste de 10 ISBN. De quoi être tranquille pour vos dix premiers romans. Gardez-les précieusement.
10.4 Comment l’intégrer à votre couverture :

(en quatrième de couv’, c’est à dire à l’arrière du bouquin)
Vous trouverez sur internet des petits gratuiciels (type Code-Barre Generator 0.0.3.0) vous permettant d’obtenir une image JPEG ou GIF de la transcription graphique d’un code-barres, agrémenté de la mantisse elle-même, au-dessus ou en dessous. Il vous suffit juste d’insérer cette image dans votre projet de couverture (page arrière) dans un rectangle comportant également le prix du livre, par exemple.
En général, la dimension du code (de la première à la dernière barre) est de 30 à 35 mm.
10.5 Référencement à la BNF
A réception de vos livres, vous en consacrerez un au référencement à la BNF (Bibliothèque Nationale de France). A cet effet, existe sur le site de la BNF le formulaire qui vous permettra de procéder.
http://www.bnf.fr/PAGES/infopro/depotleg/Doc_pdf/DL_formulaires/DL_imprimes.pdf, à télécharger sur la page http://www.bnf.fr/PAGES/infopro/depotleg/dl-cerfa.htm.
Le document, au format PDF, est de type formulaire. Vous pouvez le remplir informatiquement si vous possédez PDF Writer ou autre Acrobat. Pour une édition en moins de 300 exemplaires, vous aurez à joindre un exemplaire à ce formulaire. Pour plus de 300, ce sera deux. A noter que cet envoi, fait au titre de l’article L.132-1 du code du patrimoine, est gratuit. N’affranchissez donc pas votre envoi, contentez-vous de mentionner « Franchise postale — dépôt légal — Code du patrimoine Art. L.132-1 » sur l’enveloppe.
Vous pouvez évidemment commencer la distribution de votre livre avant la validation du référencement.
10.6 Comment bien choisir les maisons d’édition ?
Ouvrages du commerce, web, avis de tiers, tout est bon pour opérer une sélection de maisons d’édition. Ne pas envoyer au hasard. Chaque maison à sa spécificité, il faut cibler en fonction du contenu de votre livre.
Faites un courrier d’entête de votre envoi :
Dans le style… Madame, monsieur, j’ai l’honneur de vous soumettre mon dernier roman « Histoire de ma vie », drame historique auto édité en 150 exemplaires, je serais ravi que vous puissiez me donner votre avis, et heureux s’il retenait votre attention.
N’oubliez pas d’indiquer votre nom et votre adresse.
Faites une fiche de lecture :
Titre, genre, type de public, nombre de page, présentation sommaire, synopsis
Là encore, précisez quelque part votre nom et votre adresse
Faites une fiche de présentation auteur :
L’occasion de vous mettre un peu à nu. Vos origines, ce qui vous anime, où vous en êtes avec l’écriture...
Et bien entendu, n’oubliez d’y joindre votre livre…
10.7 Au sujet des envois postaux
Les enveloppes de papier kraft, le film à bulles et le scotch sont une première solution. Pour un nombre limité d’envois. Quand vous en serez à votre nième colis, vous commencerez sans doute à en avoir assez de transformer votre bureau ou votre salle-à-manger en atelier bricolage façon MJC. Une solution facile et peu coûteuse : les emballages cartonnés prédécoupés et garnis d’adhésif. En un tournemain, le livre est emballé, moyennant à 60 à 70 centimes d’euros, prix d’achat desdits emballages que vous aurez commandés au préalable sur internet à l’une des nombreuses boutiques spécialisées dans le domaine. Ça fait pro, et vous êtes certain que votre bouquin parviendra à votre destinataire en bon état. En outre, votre bouquin étant de papier (essentiellement), vous aurez la possibilité de le poster au tarif lettre en vigueur (correspondant au poids du paquet).
10.8 Protéger vos écrits et récupérer vos manuscrits
Pour protéger votre œuvre (sait-on jamais), la méthode la plus efficace, avant toute autre démarche qui vous conduirait à l’expédier à autrui (et donc à l’exposer au plagiaires et autres voleurs de productions intellectuelles…), est de vous l’envoyer à vous-même sous forme de quelques pages (ou mieux, d’un CD contenant tous les fichiers relatifs à votre travail, depuis votre tout premier brouillon informatique jusqu’au manuscrit en dernière version en passant par les photos, les esquisses, les documents intermédiaires), en recommandé avec AR. À réception de ce courrier, ne l’ouvrez surtout pas, gardez-le en l’état, il pourrait permettre à un huissier d’effectuer une vérification d’antériorité en le décachetant.
Si vous souhaitez récupérer vos manuscrits ou vos exemplaires, lorsque les maisons d’éditions vous ont répondu, faites-leur la demande comme indiqué dans leurs courriers. Parfois, certaines maisons sympas vous retournent votre bouquin avec leur réponse (elles ne s’en donnent pas la peine, bien entendu, dans le cas de simples manuscrits). Dans tous les cas, récupération à la demande ou retour spontané, vous constaterez qu’il n’y a, en général, pas beaucoup de traces de doigts sur la couverture, ni de pages cornées.
Allez, courage !
Vous dépensez allègrement de l’énergie dans l’exercice de votre passion, n’hésitez pas à en brûler un peu pour tenter de vous faire connaître. De la pugnacité…
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