Si les aveugles veulent lire en braille ils n'ont qu'à payer
Le 03 juin 2009 à 09h59 par Droop's
En ce moment à Genève, l'organisation pour le Droit et la Propriété Intellectuelle des Nations Unies débat d'une proposition faite par 3 nations sud américaines (Brésil, Equateur et Paraguay) et qui propose un aménagement des lois sur le Copyright afin de faciliter la diffusion d'oeuvres adaptées aux aveugles ou à toutes les personnes ayant des difficultés à lire.
La production de tels médias est extrêmement couteuse et repose essentiellement sur des associations et des bénévoles. Les oeuvres sont souvent exonérées de droit d'auteur dans les pays où elles sont produites (plus une tolérance qu'un vrai droit...) mais la proposition vise à en permettre la diffusion mondiale.
On imagine mal comment on pourrait refuser le droit à un aveugle d'accéder un peu plus facilement à des livres en braille non ?
Et pourtant la proposition fait l'objet d'un rejet des Etats Unis et de l'Union Européenne.
Je n'ai pas d'info sur la position de l'U.E mais on sait que le gouvernement américain a fait l'objet de pressions de la part des lobbies industriels habituels et que leur communiqué était le classique verbatim de l'industrie du spectacle.
Pourquoi je parle de ça ?
Parce que si quelqu'un a encore la moindre illusion sur les intentions de l'industrie de l'entertainement et sur leur nouvelle posture de "victime" ou si quelqu'un a encore la moindre sympathie pour les larmes de crocodiles qu'ils versent sur les pauvres artistes (oui, ceux qu'ils rémunèrent à 1 Euro par disque) cet exemple pathétique est là pour rappeler que les gens qui viennent d'obtenir le droit de surveiller votre activité internet sont en train de devenir le lobby le plus cynique de l'histoire de l'industrie.
Que nous ayons ou pas de la bienveillance pour les "téléchargeurs sauvages" n'oublions pas que nous avons, d'un coté, un modèle basé sur le partage et le bénévolat (Internet) et de l'autre un lobby de vendeur de disques en plastique et de politiciens nostalgiques de l'ORTF.
L'un des modèles contribue au progrès de l'humanité avec son lot d'abus et d'excès certes, mais avec avant tout son IMMENSE contribution à la diffusion du savoir et de la culture. L'autre défend son chiffre d'affaire avec cynisme et ne reculera devant rien pour nous faire plier. Même si ça doit ramener Internet à l'age de pierre.
Les notions de Droit d'Auteur, de Brevets ou de Copyright ont été inventés pour le bien public. Les Nations ont échangé une part de notre argent et de notre liberté en échange de la création de produits intellectuels contribuant à l'avancée humaine. Comme pour tout usage de notre argent et de notre liberté il est peut-être temps de demander des comptes.
C'est l'objet de mon article et que vous trouverez sur news.gadz.org.
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Sources : Le portail des gadzarts |
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